" Sans monnaie on ne peut plus établir une valeur aux choses, vivre en société devient alors impossible. "

 

Il est vrai que la monnaie est bien pratique pour mettre "une étiquette" et se repérer, établir des équivalences dans le souci d'une équité.

Mais le prix (valeur en unités monétaires) est une notion totalement floue (explication ici sur l'erreur de considérer la monnaie comme un simple outil, un simple thermomètre).

et l'équité est souvent illusoire puisque les marchands ne pratiquent jamais la transparence totale des coûts inclus dans leurs prix (au mieux il existe le commerce dit "équitable" mais il n'est inscrit nulle part sur les paquets combien revient au producteur, la part de transformation du produit brut, le prix de location de siège de l'entreprise, la part de transport, la rémunération de tous les employés ayant participés à la mise en accès du produit...) sans oublier que pour savoir si c'est "équitable" il faudrait comparer avec les produits "non équitables" mais... ceux-là pratique encore moins la transparence totale.
Donc arrêtons les illusions d'équité.

 

Supprimer la monnaie supprime-t-il tous les repères ?

Non, car il y a toujours des stocks à comptabiliser afin d'éviter les manques (non disponibilité des produits), comme le font actuellement les marchands afin d'avoir toujours des rayons pleins.

Supprimer la monnaie ne supprime donc pas les maths et les chiffres.

Pour aller un peu plus loin, il est un "repère" très intéressant qui est utilisé par la nature depuis toujours, la nature ne "chiffre pas" mais utilise quand même le repère suivant : les calories.

Ainsi, un animal qui dépenserait plus d'énergie (de calories) pour attrapper un gibier, que le gibier ne lui apporterait de calories, finirait rapidement par mourir, faute de forces.

Il en va de même pour tous les êtres vivants, même ceux qui mangent des végétaux. Ainsi le panda mange un type de bambou très peu énergétique, ce qui fait qu'il mange presque tout le temps pour avoir assez de calories pour survivre. Si obtenir ce bambou lui demande trop d'énergie, il finit par dépérir.

Idem pour les insectes.

La calorie est donc un moyen de se repérer dans nos actions, dans notre gestion des efforts, même s'il est un peu plus compliquer d'estimer un "besoin en smartphone" alors que les calories pour fabriquer un smartphone sont identifiables.

Reste qu'actuellement l'agriculture "classique" avec engrais, pesticides, grosses machines sur terrains immenses, nécessite environ 8 calories (pétrole etc) pour ressortir 2 calories qui se mangent.
Voilà entre autre pourquoi ce modèle de production est voué à l'échec [sans parler de la fin du pétrole avec en héritage des terres empoisonnées au cadmium etc, et sans vie (sans micro-organismes)].

 

Supprimer la monnaie supprime-t-il la valeur que l'on peut donner aux biens et services ?

Non évidemment. La valeur d'usage reste bien réelle et dépend de chacun, car chacun a des besoins différents du voisin (même si un certain nombre est commun, cela n'empêche pas la valeur d'utilité).
Une économie postmonétaire ne détruit pas la notion de valeur, elle organise juste différemment les productions (en évitant les "modes" gaspilleuses mais nécessaires dans un monde monétaire pour "provoquer" l'achat).
Une économie postmonétaire n'a aucun intérêt à créer des "pénuries" ou des manques (car cela nuirait à la confiance, à la cohésion de la société), contrairement à une économie monétaire qui fait des "séries limitées" vendues plus cher, comme par exemple pour des chausses, des voitures, etc. et donc organise des "pénuries" (nombre très restreint de produits) parce que c'est "rentable monétairement".

 

 

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